Au fur et à mesure des échanges que nous avons, nous publions dans cette « Foire Aux Questions » vos questions et nos réponses.

Pourquoi la méthanisation réduit les émissions de gaz à effet de serre ?

L’utilisation (combustion) du biométhane émet du CO2, gaz à effet de serre. Toutefois, ce CO2 avait été capté dans l’atmosphère par la production de la matière organique. Ce qui est émis avait donc été préalablement capté. La valorisation du biométhane s’inscrit ainsi dans un cycle court, et a un effet neutre sur les gaz à effet de serre de l’atmosphère. C’est en cela une énergie « renouvelable ».

A l’inverse, la combustion des énergies fossiles (fioul, gaz, charbon) rejette du CO2 qui était stocké par la planète depuis des millions d’années, provoquant dans l’atmosphère un déséquilibre, responsable de l’effet de serre et du bouleversement climatique.

On considère qu’1 MWh de biométhane injecté permet d’éviter l’émission de 188 kg de CO2.

Dans le cadre du développement du projet, l’impact sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre de Cap Vert Bioénergie Aoste sera évalué en détails par un bilan carbone de l’activité (incluant notamment les dépenses d’énergie liée aux transports).

Y aura-t-il du gaz stocké sur le site ? Comment la présence de gaz sur le site est gérée ?

Le biométhane n’est pas stocké sur site, il est tout de suite injecté dans le réseau.
Seul du biogaz brut est stocké dans la partie supérieure des digesteurs sur un volume limité (2 à 3 heures de stockage). Ce stockage à très faible pression (inférieur à 30 mbar) est réalisé en absence d’oxygène ce qui empêche son inflammation.

En cas de rupture de la double membrane du digesteur, le risque porte sur la création d’une flamme. Les zones à risques sont identifiées (zone ATEX) et des équipements électriques spécifiques sans étincelle sont prévus.

L’unité d’Aoste sera une Installation Classée pour la Protection de l’Environnement (ICPE) :
- elle présente un risque d’accidentologie faible
- l’unité fera l’objet d’un suivi technique réglementé et contrôlé par les administrations

Quelle est la production potentielle de biogaz de l'unité en projet ?

La production estimée de l’unité d’Asote est d’environ 180 à 220 Nm3/h de biométhane (biogaz épuré), cela représente une production sur l’année d’environ 20 GWh/an de biométhane injecté dans le réseau de distribution locale de gaz.

Quelle sera la destination pour le gaz produit (réseau, habitants, entreprises, etc.) ?

Après traitement (épuration et odorisation), le biogaz produit, appelé biométhane, sera intégralement injecté sur le réseau de gaz de distribution local (GRDF), puisqu’il a les mêmes propriétés que le gaz naturel. Un fournisseur de gaz achète le gaz au producteur (l’unité de méthanisation d’Aoste), pour le commercialiser auprès de ses clients.

Pour permettre aux clients souhaitant s’assurer qu’ils consomment du gaz vert, un mécanisme certifié de « garanties d’origine » (GO) a été mis en place au niveau européen.

Aujourd’hui les principaux consommateurs de gaz vert sont les collectivités et entreprises. Et son principal usage est le biométhane carburant, aussi appelé BioGNV. Mais des offres pour les particuliers se développent aussi sur le marché. Le consommateur doit se rapprocher de son fournisseur de gaz.

Au-delà de ce système de traçabilité du gaz, qui décorrèle lieux de production et de consommation, n’oublions pas que – physiquement – les molécules de gaz sont consommées au plus proche, chez les riverains (habitants, bâtiments publics et industries) desservis par la boucle de gaz sur laquelle l’unité de production est raccordée (Aoste et communes environnantes).

Quelles sont les émissions à l’atmosphère ? Quels engagements par rapport à l’émission d’odeurs sont pris ?

Sur l’unité de méthanisation :
- les matières odorantes sont livrées en citernes ou camions bâchés et sont déchargées à l’intérieur du bâtiment fermé
- ce bâtiment dispose d’un système d’aspiration et de traitement d’air performant
- seules les matières entrantes non odorantes (ensilage) seront stockées à l’extérieur
- les matières sont triées à la source, prêtes à être intégrées dans le digesteur et ne nécessitent pas de préparation sur le site
- le processus de méthanisation se déroule naturellement, en espace confiné (sans contact avec l’air)
- le digestat a l’avantage de ne pas dégager l’odeur caractéristique des effluents traditionnels. En effet, les acides gras volatiles, responsables des odeurs, sont entièrement détruits par la méthanisation
- le digestat liquide est stocké dans une cuve fermée
- le digestat solide, stocké à l’extérieur, est une matière dégradée et ne dégage pas d’odeur

Sur les parcelles lors de l’épandage :
- le digestat solide est stabilisé, il ne dégage pas d’odeur
- le digestat liquide même s’il a l’avantage de ne pas dégager d’odeurs est appliqué directement au sol par pendillard ce qui limite au maximum le contact avec l’air

Quels seront les impacs environnementaux ?

Le projet d’Aoste ne recevra aucune matière dangereuse.

On distingue trois flux sortants en plus de la production de gaz :
- amendement organique
- eaux pluviales
- déchets banals d’exploitation

L’amendement organique : les digestats représentent la majorité des flux et sont suivis par l’administration dans le cadre du plan d’épandage qui impose des tests réguliers sur les matières avant sortie et sur les parcelles.

Les eaux pluviales de voirie et de toiture seront récupérées et traitées en majorité par la méthanisation.

Les déchets banals d’exploitation, indésirables, emballages et consommables sont évacués vers les filières d’élimination classiques.

Quel sera l’impact sur le trafic routier ?

Les flux se composent de la manière suivante au quotidien :
- l’unité génèrera environ 3 à 5 camions par jour pour les intrants et 6 à 8 camions par jour, pendant les périodes d’épandage, pour les flux sortants. Le recours éventuel à un ou des stockages délocalisés permettrait de lisser ce flux
- ce trafic convergera vers le site d’implantation par le futur contournement d’Aoste depuis le nord et le sud en provenance du territoire

Quelle sera la surface occupée et la hauteur des bâtiments ?

Surface au sol prévue pour l’installation : 2 à 2,5 hectares.

Hauteur des bâtiments : inférieur à 10 mètres.

L’implantation de l’unité respectera les prescriptions urbanistiques, architecturales, paysagères et environnementales de la ZAC du PIDA.

La phase d’ingénierie détaillée permettra de définir la meilleure configuration de l’unité, pour la fonctionnalité de l’exploitation.

Est-il prévu la valorisation de sous-produits d'entreprises de l'agro-alimentaire locale ?

Les matières organiques à traiter et à valoriser proviendront majoritairement du territoire, avec une quantité provenant majoritairement de l’agroalimentaire du secteur, des grandes surfaces et de la restauration.

Quel est le modèle économique de l’activité ? Quelles sont les retombées économiques pour les collectivités ?

L’investissement sera majoritairement porté par Cap Vert Bioénergie, exploitant dans la durée de l’unité de valorisation de la matière organique à Aoste.

Cap Vert Bioénergie s’est engagé à laisser la possibilité aux Collectivités et au Territoire de prendre jusqu’à 35 % des parts du capital du projet lorsque celui-ci sera sécurisé (unité prête à construire).

Les retombées économiques du projet pour le territoire seront multiples :
- pour la collectivité : valorisation du foncier, taxes locales foncières et d’activité
- pour les entrepreneurs locaux : environ 9 millions d’euros seront investis dans la mise en place de l’unité dont environ un tiers localement et chaque année, des prestations de transport, logistique et maintenance seront à réaliser
- pour les exploitants agricoles partenaires : opportunité de réduction du coût de fertilisation en substitution aux engrais minéraux classiques
- pour les industriels, la restauration, les grandes et moyennes surfaces partenaires et à terme la collectivité (compétente sur la gestion des biodéchets de ses administrés) : visibilité sur une solution compétitive, locale et pérenne, répondant aux exigences réglementaires de valorisation de la matière organique résiduelle
- pour les acteurs du territoire qui investiraient dans le projet : retours sur investissement

Quelle consultation du public et des collectivités est prévue ? Comment répondez-vous aux questions posées via le site internet ?

Pour les collectivités ce sont les conseils municipal et communautaire qui ont été et sont régulièrement consultés (votes du Conseil communautaire de la Communauté de commune des Vals du Dauphiné le 5 juillet 2018 et du conseil municipal de la Ville d’Aoste le 11 juillet 2018, validant le partenariat entre Les Vals du Dauphiné, la Ville d’Aoste et Cap Vert Bioénergie pour accompagner le développement de la filière de valorisation énergétique des matières organiques du territoire).

Cap Vert Bioénergie en partenariat avec les Collectivités, ont à cœur de développer leur démarche dans la concertation avec les acteurs du territoire, et mettent en place des espaces d’information et dialogue pendant le développement du projet :
- vous pouvez contacter Cap Vert Bioénergie à tout moment via la formulaire de contact
- une réunion d’échanges a eu lieu le 6 novembre 2018

Les questions ou remarques adressés à Cap Vert Bioénergie sont traitées dans la présente section rubrique http://Aoste.EnergieDurable.info/FAQ/ qui sera régulièrement complétée en fonction des questions reçues.

Lors de l’instruction du projet par les services de l’État, une consultation publique réglementaire sera mise en place et sera annoncée sur ce site internet.

Peut-on faire du biogaz à la maison ?

La méthanisation peut être mise en œuvre à toute échelle.

Puisque chaque foyer génère une certaine quantité de déchets organiques, on pourrait en théorie pratiquer la méthanisation chez soi. Mais, pour de petites unités, les coûts d’investissement et la charge de travail restent trop importants. C’est pour cette raison que les unités sont développées de manière collective aujourd’hui.

Par contre vous pouvez faire une expérience facile et ludique à la maison, comme indiqué sur le dessin ci-dessous. A partir d’épluchures de pommes placées hermétiquement au soleil (derrière une vitre par exemple) dans un bocal, vous verrez après plusieurs jours des bulles de biogaz sortir du tuyau pour remonter dans l’eau !

dessin